XVIII ème Assemblée Régionale Europe – Monaco du 19 au 23 octobre 2005

Questions relatives à l'intervention de Mme Marie-Christine Saragosse

Monsieur Razvan Théodorescu souligne l'importance pour TV5 d'offrir à ses téléspectateurs une programmation cinématographique de qualité et de développer le sous-titrage.

Monsieur Simon Egui demande, quant à lui, à avoir des précisions sur la répartition des financements entre les différents Etats bailleurs de fonds de TV5.

Monsieur Georges Fenech craint que TV5 ne soit absente de deux dossiers capitaux : la TNT en France et la CFII, et regrette que madame Saragosse n'ait pas associé Serge Adda au bilan qu'elle a fait de TV5.

Monsieur Jean-Marie Happart souligne l'importance des nouvelles technologies et la nécessité pour TV5 d'assurer une veille permanente dans ce domaine pour y être présente.

Madame Amina Derbaki Sbai estime qu'il faut aussi montrer les « coulisses » de la francophonie aux téléspectateurs pour qu'ils en mesurent les enjeux, elle rejoint Monsieur Theodorescu sur l'importance du cinéma mais aussi de la musique sur les antennes de TV5, comme programmes emblématiques de la francophonie et susceptibles de toucher le public.

En réponse, Marie-Christine Saragosse précise que la France finance 74% du budget total de TV5 alors que les partenaires belges, suisses, canadiens et québécois en financent 14 % et que la chaîne assure sur ses ressources propres un peu moins de 10% de financement (le solde est financé par des crédits de report d'exercices antérieurs).

Elle partage totalement les analyses de monsieur Theodorescu et de madame Derbaki sur l'importance de la musique et du cinéma et indique que TV5 a fait de gros efforts dans ce domaine avec la production de son émission hebdomadaire « Acoustic » sur les musiques du monde francophone et avec ses cases « cinéma sans visa » ou « grand écran » et avec ses partenariats avec les grands festivals de cinéma francophones : Ouagadougou ou Namur, par exemple.

Elle souligne à nouveau que le sous-titrage est l'enjeu majeur pour consolider et développer la présence dans le monde de TV5 et qu'il faut que tous les Etats bailleurs de fonds dégagent des financements pour cet objectif. S'agissant des « coulisses » de la francophonie, madame Saragosse partage totalement l'analyse de madame Derbaki mais précise juste qu'il faut éviter de donner aux téléspectateurs une image trop institutionnelle de la francophonie car, servir les institutions francophones, c'est montrer à quel point elles mènent des actions concrètes et utiles sur le terrain.

Elle précise à M. Fenech que TV5 a fait tout ce qu'il fallait pour sensibiliser le gouvernement français à l'enjeu de la TNT et que la décision d'aller sur la TNT ne relève malheureusement pas de la chaîne mais des pouvoirs publics français et qu'elle a un coût (12 millions d'euros) à financer nécessairement via des ressources publiques. Il n'est pas trop tard pour reposer le problème avec l'aide des parlementaires français et elle le remercie par avance de son soutien.

S'agissant de la CFII, elle ne sait pas très bien comment TV5 pourrait être associée au projet :

- en cédant une partie de son budget ? Cet effet d'éviction budgétaire est peut-être déjà en train de se produire, compte tenu des perspectives sombres en 2006 qui semblent s'annoncer pour le budget de la chaîne alors que 95 millions d'euros sont dégagés pour la future CFII : TV5, financée majoritairement par la France depuis 20 ans, risque ainsi de voir ses efforts patients remis en cause, faute de moyens.

- en cédant son réseau de distribution mondial ? C'est un risque d'éviction qui peut également se produire pour TV5 ou Euronews car les câblo-opérateurs et opérateurs de bouquets, en terre non francophone, ne laisseront jamais une offre francophone de trois chaînes dans le « basic », c'est-à-dire l'offre accessible au plus grand nombre. Dans le meilleur des cas, ils proposeront un bouquet optionnel payant pour les expatriés francophones.

Il semble que la CFII ne sera pas exclusivement francophone mais diffusée en arabe et en anglais. Outre le fait que Marie-Christine Saragosse ne comprend pas très bien comment des journalistes anglophones, par exemple, exprimeront une sensibilité française (sauf à être des simples traducteurs, d'une ligne éditoriale conçue par des journalistes français), elle ne voit pas comment le budget annoncé permettra de financer trois chaînes d'information continue avec trois rédactions en trois langues, trois dispositifs satellitaires de diffusion, etc. Elle ne peut imaginer en effet, qu'on se contenterait de simples décrochages de quelques heures en anglais ou en arabe. Ainsi, en juillet dernier, si la CFII avait existé et que le décrochage en anglais n'avait pas eu lieu à 9h du matin mais à 18h, que se serait-il passé pour le public anglophone de la CFII, au moment des attentats de Londres ? Comme son nom l'indique, une chaîne d'info continue doit être continue ou bien ne remplit pas son rôle.

- Enfin, Marie-Christine Saragosse précise que la rédaction de TV5 est en quelque sorte éditorialement l'opposée de la CFII : elle comporte 15 nationalités en son sein et n'incarne donc pas un point de vue exclusivement française mais, en revanche, elle ne parle qu'en français avec tous les accents qui, c'est une chance, existent dans notre langue.

Enfin, Marie-Christine Saragosse souhaite revenir sur Serge Adda. L'an passé, quand elle est intervenue devant l'APF, il était encore en vie et se battait vaillamment pour ne pas mourir. Il est mort le 6 novembre 2004. Elle ne se sent pas encore guérie pour parler de lui et s'en excuse. Évidemment, le bilan présenté est aussi le sien.