XVI ème Assemblée Régionale Europe - Delémont, du 5 au 7 novembre 2003 – M. Paul Galand

Communication de M. Paul Galand, sénateur de Communauté, membre de la section de la Communauté française : « Réseau de lutte contre le VIH/SIDA » - Séance plénière

1. J'ai participé à la deuxième réunion du Réseau Parlementaire de lutte contre le VIH/SIDA à Yaoundé les 1er et 2 octobre 2003. La journée du 3 octobre a été consacrée aux visites d'un centre hospitalier pédiatrique et de l'ONG « Synergies Africaines contre le VIH/SIDA et les souffrances ».Pour rappel, le réseau parlementaire de lutte contre le VIH/SIDA a été créé par une résolution de l'APF lors de sa XXVIème session, le 8 juillet 2000 à Yaoundé.

2. Il ressort des derniers chiffres établis en ce qui concerne cette épidémie qu'environ 42 millions de personnes sont actuellement reconnues comme étant séropositives dont 27 millions en Afrique . Sur les 4.100.000 personnes malades du VIH/ SIDA en Afrique subsaharienne, à peine 1% reçoivent un traitement à base de médicaments antirétroviraux.Pour l'ONUSIDA, les financements de la lutte contre l'épidémie demeurent très insuffisants.

3. En ce qui concerne la réunion elle-même :

Une autre proposition a été adoptée via la Résolution, elle consiste à ce que le Réseau lors de sa réunion annuelle propose à l'Ordre de la Pléiade de décorer un membre d'un parlement et un membre d'un Exécutif qui seraient les auteurs d'une action originale et significative en matière de lutte contre l'épidémie du VIH/SIDA.

Un nouveau calendrier d'activités 2003-2004 du Réseau a été établi, ce document ainsi mis à jour , devra nous être transmis par Paris.

4. En ce qui concerne les travaux en eux-mêmes, ils furent particulièrement denses les échanges de vues fort instructifs. Le climat fut coopératif et chaleureux.

Par le représentant de l'ONUSIDA, nous avons appris que cette agence de l'ONU regroupe des organismes différents comme le PNUD, l'UNICEF, le BIT, le PNUCID, des ONG et que bientôt le Programme Alimentaire Mondial (PAM) allait rejoindre ce projet parrainé par la Banque Mondiale. Le représentant de l'ONUSIDA, le docteur Ngioré, a bien expliqué que cette organisation en tant que telle ne distribue pas de fonds directement. Ce sont ses partenaires/parrains qui décident de couvrir financièrement telle ou telle action dans un pays. Ce représentant demande à l'un de ces organismes et au programme national de lutte contre le VIH/SIDA (PNLS) de financer les projets.

Le représentant de l'ONUSIDA est souvent mandaté pour couvrir plusieurs pays à la fois. La mission de l'ONUSIDA est principalement d'apporter son expertise dans la lutte contre le VIH/SIDA, d'aider à trouver les moyens de fournitures des soins aux personnes infectées et de contribuer à atténuer les conséquences sociales de cette épidémie.

Une autre manière de lutter contre l'épidémie et les préjugés est de côtoyer les malades, c'est pourquoi l'ONUSIDA emploie 40% de femmes qu'elles soient séropositives ou non. Il est important de montrer que des organisations internationales emploient normalement des personnes séropositives et qu'elles travaillent régulièrement comme des personnes non infectées ceci afin d'accroître la tolérance générale à l' égard des personnes atteintes par le VIH/SIDA .

L'ONUSIDA est décentralisée en 5 structures en Asie et Afrique. Pour l'Asie, il y a un bureau à Bangkok et à Delhi. Pour l'Afrique, il y a des bureaux au Caire, à Pretoria et Abidjan.

L'ONUSIDA envisage de déployer davantage de personnel fixe pour contrer l'épidémie. Du personnel sera disponible dès janvier 2004 à Dakar, Niamey, Bangui et Libreville.

Pour l'ONUSIDA, la majorité des pays africains ont une prévalence d'au moins 5% de la population, ce qui veut dire que l'on est face à une épidémie généralisée. L'Afrique est la région la plus touchée par l'épidémie, 29,2 millions de personnes sont infectées en Afrique subsaharienne. En 2002, 3,2 millions de personnes ont été infectées principalement dans la population sexuellement active de 15 à 40 ans.

A la suite de cette introduction du représentant de l'ONUSIDA, les coordinateurs des différentes sections ont fait part des expériences dans leur pays respectif. Ils ont évoqué leurs initiatives qui n'étaient pas connues préalablement des autres sections. Le Burkina Faso a évoqué le recours à des thérapies alternatives aux médicaments ARV, sans apporter des preuves de leur efficacité. Le débat est toujours en cours au parlement du Burkina Faso. Plusieurs sections dont la Communauté Française ont souligné l'importance de rester dans une démarche scientifique et médicalement fondée. D'autres pays comme le Sénégal ont fait part de résultats encourageants bien que des doutes furent exprimés sur la réalité des chiffres cités. Le Cameroun a insisté sur le dépistage ante natal chez les femmes enceintes pour suivre l'évolution de la maladie et lutter contre la transmission mère-enfant.

Une liste des coordinateurs a été établie à notre demande car ceux-ci ne disposaient pas des références des uns et des autres. Et il convient de faciliter et renforcer les contacts entre eux. Nous avons été avec d'autres à l'origine de la demande faite aux sections d'échanger leurs expériences respectives afin de ne pas faire du travail inutile et qui a déjà été réalisé ailleurs. Dans ce but, il conviendrait d'ouvrir un site Internet collectif alimenté par les coordinateurs ou les sections afin que chacun puisse y puiser l'expérience des autres.

A cet égard, peut-être conviendrait-il d'envisager que cette « fenêtre » soit hébergée sur le site de la régionale Europe situé sur le site du Parlement de la Communauté Française de Belgique. La prise en charge de ce travail ne nécessite pas des moyens financiers importants. Elle implique cependant un investissement certain en terme de personnel. 

Lors de la discussion des coordinateurs, deux expériences ont retenu en particulier l'attention : 

5. Le bilan de cette session, outre les propositions évoquées plus haut, est :

6. J'ai également rencontré : le Professeur SOSSO, Vice-recteur de l'Université de Yaoundé 1, Professeur de médecine, ancien Doyen de la Faculté de Médecine ; le Professeur PRISO, professeur de Géographie de l'Université de Yaoundé qui m' a fait visiter la ville de Yaoundé en commentant les problèmes urbains actuels de la capitale camerounaise ; M.M.ELOUGA, directeur du Groupe de Recherche d'expertises environnementales et sociales (GRES ) ; M.NTIGA, journaliste au quotidien « Mutations » a été également rencontré.

7. J'ai été interviewé durant la tenue de la session du Réseau par la télévision et la radio camerounaise ce qui a entraîné plusieurs contacts supplémentaires avec des membres de la société civile camerounaise.