XV ème Assemblée Régionale Europe Bruxelles, les 18 et 19 novembre 2002 – M. Jean-Marc Lalonde

Exposé, en séance plénière, de M. Lalonde, président de la section de l'Ontario, chargé de mission Amérique de l'APF

Je tiens d'abord à vous transmettre les salutations des sections de la Région Amérique. Je tiens aussi à remercier le président de la section de la Communauté française Wallonie-Bruxelles, monsieur Philippe Charlier, et le chargé de mission Europe, monsieur Freddy Deghilage, qui nous ont si gentiment invités à la XVe Session de l'Assemblée régionale Europe de l'APF. C'est pour moi un grand plaisir d'être parmi vous pour ma première Assemblée régionale Europe.

Un des thèmes qui ont étés abordés nous touche particulièrement en Amérique, il s'agit de l'avenir de la langue française dans les institutions européennes; la langue française a été depuis longtemps la langue de la diplomatie, l'est-elle toujours? La domination anglo-saxonne nous menace tous, particulièrement à l'ère de la mondialisation. Je m'inquiète tout particulièrement de la possibilité que l'anglais devienne la seule et unique langue utilisée dans le cadre des activités de l'Union européenne élargie. 

Nous le savons tous, la langue anglaise tend à prendre de plus en plus de place au sein même des institutions internationales. Nous ne combattons pas l'anglais mais nous devons travailler afin que le français garde la place qui lui revient de droit. Cette bagarre pour la survie du français est comparable à celle que nous perpétuons chez nous. Il faudrait éviter que dans le contexte actuel de la mondialisation, nous connaissions une homogénéisation culturelle. Il faut éviter à tout prix que la culture devienne un produit commercial soumis aux règles du libre-échange. C'est d'ailleurs un des engagements pris lors du Sommet de Beyrouth de « contribuer activement à l'adoption par l'UNESCO d'une convention internationale sur la diversification culturelle».

J'ai participé il y a deux semaine, à la 24e Assemblée annuelle de l'Action mondiale des parlementaires (Parliamentarians for Global Action). Cette rencontre s'est tenue à Ottawa sous le thème « Assemblée informelle des parlementaires en faveur de la Cour pénale internationale et de la promotion de la primauté du droit». 

Que dire de l'avenir de la langue française au sein des institutions d'Amérique. Nous sommes bien placés en Amérique pour vous parler de la lutte quotidienne pour la survie du français, nous n'avons qu'à regarder les occasions où nous avons dû et nous devons encore nous battre, que ce soit pour la survie des écoles françaises à l'extérieur du Québec, pour les services en français dans les hôpitaux… Je pourrais vous exposer un cas plus précis qui me tient particulièrement à cœur, celui de l'Hôpital Monfort d'Ottawa. En 1996, le gouvernement de l'Ontario avait décidé de fermer le seul hôpital universitaire français ontarien. Les francophones ont dû aller jusqu'en Cour supérieure de l'Ontario afin de faire reconnaître leurs droits.  L'objectif particulier ou spécifique poursuivi par notre Région est d'assurer le rayonnement du fait français à l'échelle du continent américain. Vous comprenez que ce n'est pas une mince tâche. 

Je souhaiterais souligner le dynamisme dont fait preuve ma Région. Nous avons démontré notre engagement au sein de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie et nous avons l'intention de poursuivre et d'intensifier cet engagement. Je suis heureux d'avoir participé à votre Assemblée régionale. Ces rencontres nous permettent de consolider les bases d'une coopération entre les régions et de partager nos expériences.C'est de cette façon que nous contribuerons ensemble à l'atteinte des objectifs de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, à la consolidation et au rayonnement de la Francophonie dans le monde.  

Au Canada, environ 85% des francophones sont au Québec. Ceux-ci représentent 80% de la population du Québec de 7,5 millions d'habitants. Dans les autres provinces canadiennes, les francophones ne représentent qu'environ 1 à 5% de la population sauf au Nouveau-Brunswick où ils représentent 30%. En Ontario, la population francophone (540 000 personnes) est la plus importante hors Québec ; elle représente 4,7% de la population ontarienne. Toutefois ces francophones luttent et se battent constamment pour défendre leurs droits. La Francophonie d'Amérique occupe donc une position particulière au sein de la Francophonie internationale, les francophones représentant une infime partie de la population de l'Amérique, surtout concentrée au Québec. Nous devons y déployer beaucoup d'énergie afin d'y assurer la survie du français et la présence de la culture francophone. 

La Région Amérique participe à plusieurs activités d'institutions et d'organismes de la Francophonie d'Amérique. En effet, des représentants de la Région participent à chaque année au Congrès de l'Association canadienne d'éducation de langue française ainsi qu'à l'Assemblée générale de la Fédération des communautés francophones et acadienne hors Québec. 

En terminant, je tiens à vous manifester ma joie d'avoir participé à votre rencontre régionale annuelle et de constater la vitalité de votre région et la détermination dont elle fait preuve pour relever les défis auxquels la Francophonie est confrontée en Europe. Sachez que votre vitalité stimule la vitalité de la Francophonie d'Amérique.

Je souhaite vous remercierencore une fois pour cette excellente Session et je profite de cette tribune pour inviter votre chargé de mission chez nous, en Louisiane, aux Etats-Unis, en septembre 2003 à l'occasion de notre XXe Session de l'Assemblée régionale Amérique. Merci de nous avoir invités.