Tout d'abord, je tiens à remercier les organisateurs de la XVème Assemblée régionale Europe pour la convocation de cette réunion ainsi que pour le choix des thèmes de discussion. Il me semble que la question de l' élargissement de l'Europe et de l'avenir de la langue française dans les institutions européennes revêt aujourd'hui une importance particulière. Cette importance découle du fait que cet élargissement touche des pays qui autrefois étaient prédominés par l'utilisation du français comme langue de travail, mais où, aujourd'hui, pour de multiples raisons, l'anglais gagne toujours plus de terrain. En outre, cette réunion de la Régionale intervient dans un moment important, immédiatement après le sommet de la Francophonie de Beyrouth, dont le thème majeur était celui du dialogue entre les cultures.
Ce thème revêt aujourd'hui une importance tout à fait particulière même pour nos pays. Nous autres, Européens de l'Est, vivons un moment crucial de notre histoire. C'est le moment de l'intégration et de l'échange des idées. Partout dans nos pays on voit se consolider de plus en plus l'idée du renforcement de l'Etat de droit et du progrès social. Mais ce moment particulier de notre histoire est dominé avant et surtout par l'omniprésence d'une nouvelle entité, puissante économiquement et politiquement comme l'Union Européenne, devenue déjà la principale force motrice de notre vieux continent et un pôle d'aspiration pour nos pays.
Or, cette Union Européenne, même dans la vision de ses pères fondateurs, était conçue pour l'ensemble du vieux continent, si longtemps divisé par les guerres et les hostilités. La nouvelle donne qui se présente aujourd'hui est celle de l'élargissement de cette structure, de cette maison commune, si chère à nous tous.
Chers collègues,
Dans cette optique, mon pays considère que l'appartenance au groupe des pays francophones représente un grand atout dans la voie vers l'intégration européenne. Sans entrer dans les éléments historiques qui ont justifié dans une certaine mesure l'entrée de l'Albanie dans la famille francophone, il convient de souligner que mon pays, à la différence de la très grande majorité des pays membres de la famille francophone, est entré dans cette famille d'une façon graduelle, en partant de la « périphérie ». L'intégration institutionnelle de l'Albanie dans la francophonie a été considérée par les forces politiques albanaises comme un événement important dans la vie et la nouvelle histoire du peuple albanais. Elle a été perçue comme un acte d'intégration vers la société démocratique, civilisée et pluraliste, qui respecte les droits et les libertés fondamentales de l'homme.
Nous regardons la francophonie comme une volonté, une ouverture et une tête de pont qui a aidé et doit aider nos pays respectifs à faire partie le plus tôt possible de la famille de l'Union européenne. Dans le contexte d'une intégration accélérée et acharnée, la Francophonie apparaît comme un moyen de solidarité et d'engagement pour aider les pays membres dans leur intégration, tout en conservant le dialogue des cultures et le multilinguisme, car nous considérons que ces deux éléments sont des éléments importants, voire indispensables pour promouvoir de bons rapports au niveau des relations internationales. En outre, nous considérons notre présence dans la famille francophone comme une possibilité supplémentaire d'avoir des relations privilégiées et d'appui de la part des pays francophones, membres de l'Union Européenne, comme la France, la Belgique et le Luxembourg, sans pour autant oublier nos bonnes relations avec les pays de notre région. Dans ce cadre, notre Parlement, tout en reconnaissant l'aide qu'il a reçu pendant ces dernières années à la suite du programme de coopération avec l'APF, souhaiterait pouvoir continuer dans cet esprit, surtout au niveau de la formation de jeunes parlementaires et de fonctionnaires, soit à travers des stages auprès des autres Parlements francophones, soit par des séminaires organisés dans le pays. En terminant, je voudrais souligner le fait qu'il est important que la coopération et l'esprit de partenariat francophone soient considérés comme prioritaires dans le renforcement de l'appui que la France et les autres pays francophones, membres de l'Union, doivent apporter à nos aspirations communes.
Merci pour votre attention
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