XV ème Assemblée Régionale Europe Bruxelles, les 18 et 19 novembre 2002 – Mme Françoise Schepmans

Allocution de Mme Françoise Schepmans, Présidente du Parlement de la Communauté française Wallonie-Bruxelles

Je suis particulièrement heureuse de vous accueillir pour cette 15ème assemblée des parlementaires francophones de la région Europe dans le nouvel immeuble du Parlement de la Communauté française. L'Hôtel de Ligne, où nous nous trouvons, réalise l'ambition d'une institution comme la nôtre : permettre au travail parlementaire, cœur du débat démocratique, de s'effectuer dans ses propres locaux, puisque jusqu'il y a un an nous étions hébergés par le Sénat.

La rénovation de notre bâtiment a le grand mérite d'allier les qualités fonctionnelles et technologiques d'un bâtiment neuf, tout en préservant le charme et le prestige qui doit être celui d'une assemblée parlementaire.

En outre, comme vous l'avez constaté, l'Hôtel de Ligne se trouve à proximité du parc de Bruxelles, un lieu hautement symbolique, puisque c'est dans ce quartier que sont survenus en 1830 les événements qui amenèrent à l'indépendance de notre pays. Ce que les historiens nomment "les journées de septembre" étaient le prélude d'un nouvel Etat dont la constitution allait consacrer les libertés individuelles du citoyen.

C'est la raison pour laquelle la date du 27 septembre fut choisie en 1975 comme jour de fête annuelle de la Communauté française de Belgique.

Le fait que le siège de notre Institution soit situé à Bruxelles constitue un atout indéniable dans la lutte pour la défense et la promotion de notre langue. En effet, Bruxelles, capitale de la Belgique accueille également le Parlement fédéral ainsi que d'importantes institutions européennes et internationales.

Notre Communauté française a cette particularité de voir ses compétences, non pas liées à la notion de territoire, mais exclusivement attachées aux personnes. Parmi celles-ci, se retrouvent la Santé, les Sports, l'Aide à la Jeunesse, l'Enseignement, les Matières culturelles, dont l'Audiovisuel et la Défense de la langue française.

S'il est avant tout un lieu d'impulsion et de contrôle politique, notre Parlement se veut aussi un endroit voué à la réflexion et au débat de fond sur une série de grands thèmes de société liés au devenir de l'être humain.

Ainsi, après un débat sur l'introduction de la philosophie à l'école et un autre sur la maîtrise de la langue française, les députés ont décidé, à ma demande, d'entamer une réflexion sur l'apprentissage des langues étrangères.

Il me paraissait, en effet, important d'entamer une réflexion sur les méthodes et les moyens administratifs et financiers permettant ou facilitant l'apprentissage de langues étrangères. Et, plus particulièrement en ce qui concerne nos enfants, c'est-à-dire, ceux qui feront la Communauté française de demain.

Comme en témoigne l'élargissement prochain de l'Union européenne, nous sommes aujourd'hui confrontés à des mutations et à des évolutions sensibles de nos régimes démocratiques. Dans ce contexte, la défense et la promotion de notre langue et de nos cultures constituent une tâche essentielle. Surtout, en cette période de mondialisation qui, à côté de ses avantages indéniables, risque de conduire à un langage et à une culture unique.

Il me paraît donc vital de prôner l'emploi du français dans les organisations internationales, non seulement pour préserver notre langue, mais aussi dans la perspective de la coexistence et de la sauvegarde des autres langues.

La défense du français passe, en effet, par la promotion du multilinguisme, notamment via l'apprentissage des langues étrangères.

Vouloir se renfermer uniquement sur une langue serait mal la défendre. Nous devons être les garants de cette diversité.

Je voudrais, enfin terminer, en vous souhaitant de fructueux travaux, ici au Parlement de la Communauté française Wallonie-Bruxelles.

J'espère que ceux-ci contribueront largement à renforcer la défense et la promotion de notre langue et de nos cultures qui nous sont si chères.